Love in the Time of Seið

« Le roi est vieillissant et n’a pas d’héritier. Son domaine commence déjà à s’effriter alors qu’à l’Est, le Garðariki se renforce et prospère avec chaque année qui passe. Les deux nations se sont jamais guère entendues et le ton ne cesser de monter à la frontière. Aujourd’hui, le roi n’a plus qu’une seule chance d’assurer la survie de son royaume : marier sa fille au Comte de Garðariki… »

Juste un billet pour présenter ce jeu narratif (story-game) de Jason Morningstar (Shab-al-hiri roach, Fiasco,…) et Matthijs Holter (Norwegian style) qui est une évolution du jeu déjà bien sympathique de ce dernier, Archipelago II.

Pour être tout à fait honnête, c’est surtout le nom des deux concepteurs et le prix ridicule du PDF (3€65) qui m’a fait sauté le pas, mais je dois dire que sans crier à la révolution ludique, je ne suis vraiment pas déçu par le contenu et tenterait bien l’expérience. Celui-ci est donc prévu pour 5 joueurs et une petite soirée mais peut – je pense – être joué sans problème à 4.

Pour ceux qui ne seraient pas habitués à ce genre de jeu, disons que cela se rapproche d’une situation simple (Cf. le texte en italique) ici dans le cadre d’un royaume d’inspiration scandinave, avec des prétirés (le roi, sa fille, le chevalier, le comte et la sorcière) décrits de façon minimaliste mais très efficace pour que chacun sache quoi en faire  et de règles et/ou une structure qui servent avant tout à répartir le rôle classiquement dévolu au maître du jeu entre les joueurs.

Ici les mécanismes tiennent essentiellement à cinq choses :

  • - une narration « principale » qui tourne de joueur en joueur ou chacun définit ce que son personnage souhaite faire pour la scène et où il se trouve ;
  • - des cartes d’événements correspondant aux divers lieux ;
  • - un rôle de falicitateur de scène pour le joueur se trouvant à la droite de celui dont c’est le tour et qui a pour responsabilité de gérer ce que ce dernier souhaite jouer et les événements de la carte tirée. Les autres peuvent bien sûr intervenir avec leurs personnages (ou des pnjs même si je pense qu’il vaut mieux les limiter pour garder un aspect plus théâtral) ;
  • - des phrases-clés permettant d’influer sur la narration d’un autre joueur (pour qu’il s’en tienne là, donne plus de détail, rajouter une scène, fasse un rappel, etc…) ;
  • - des cartes de résolution facultatives avec les résultats suivants : « Oui et… », « Oui mais… » (avec 3 cartes/résolutions différentes), « Oui seulement si… », « Avec un peu d’aide… », « Non mais… », « Non et… ». Pour avoir essayer des variations de ce système de résolution, c’est très efficace. Par contre, je ne suis pas sûr qu’un tel système soit forcément nécessaire sur ce jeu (et c’est bien pour cela qu’il est optionnel).

Donc au final, on a un jeu qui reste finalement classique  sur la distribution des scènes (pour un jeu narratif), mais avec un rôle de facilitateur qui je pense pourra permettre de passer outre certaines réticences. C’est du moins ce qu’on avait pu constater sur l’Île silencieuse. Je pense également que comme pour Montségur 1244, la mise en situation et les personnages permettront également de se lancer plus facilement. En tout cas, elle est très proche de ce que j’aime et recherche quand je vais jouer des one-shots avec prétirés en convention. Tout ça pour dire que pour moins de 4€, cela me semble être un très bon jeu pour qui voudrait tenter l’expérience de ce genre de jeux sans se ruiner et en étant pris par la main. Que cela plaise ou pas, il n’y aura pas grand chose à regretter et ce sera l’occasion de voir quelques astuces sur la résolution ou la façon de décrire efficacement un personnage.

Pour se le procurer ou voir la preview : cliquez là.

Commentaires (5)

Pierrot4 juin 2010 a 23:25

Un jeu narrativiste avec des cartes ! Tu viens de faire un heureux :)

Mon enthousiasme premier passé, je trouve effectivement cela tentant et a priori doit permettre d’éviter pas mal d’écueils de ce genre de jeu (problème de distribution de la narration, manque d’éléments forts pour créer une situation intéressante, règles complexes qui plombent la fluidité, etc.).

Que de choses à tester !

Brand4 juin 2010 a 23:40

Yep, je me suis fait la même remarque mais j’ai pas osé la private joke sur les cartes :D
Pour les trucs à tester, c’est l’avantage du barbeuk, on pourra tester ce genre de choses tranquillement. Je t’avoue que si j’avais le temps je me livrerai bien à l’exercice d’en faire un ou deux…

Footbridge4 juin 2010 a 23:47

Un autre qui me fait de l’oeil, dans ce genre, c’est le Zombie Murder Mystery qui n’est pas à narration tournante mais avec un MJ classique, mais qui peut se jouer en une soirée avec 3 à 5 joueurs… c’est un format intéressant !

Brand5 juin 2010 a 04:12

J’ai lu deux trois trucs dessus (j’ai pas eu le courage de regarder la video) mais je ne connais pas vraiment. Tu as des billes dessus?

[...] à l’article plutôt flatteur de Brand sur Love in the Time of Seid, je me suis laissé tenter par ce petit jeu narrativiste (story-game) [...]

Laissez un commentaire

Votre commentaire